Dialogue macro-économique

La CES et les partenaires sociaux européens ont rencontré les présidents de la BCE et de l'Eurogroupe, le commissaire Vladis Dumborvskis et les ministres des finances des Etats membres lors du dialogue macro-économique semestriel au niveau politique(MEDPOL).

L'intervention de la CES a souligné la nécessité de repenser les règles de gouvernance économique de l'UE, également connues sous le nom de pacte de stabilité et de croissance. S'exprimant lors de la réunion, la secrétaire générale de la CES, Esther Lynch, a appelé à la suspension de ces règles afin que l'UE et ses États membres puissent accéder à la capacité d'investissement nécessaire pour relever les défis d'un monde en mutation :

"En ces temps de grande incertitude, il est encore plus urgent de garantir des emplois de qualité et des salaires plus élevés et d'augmenter les investissements - pour soutenir le secteur manufacturier et d'autres secteurs et pour soutenir la demande intérieure, qui a été érodée. Les initiatives en matière de défense ne doivent pas conduire à une réduction des investissements publics ou à des coupes dans les dépenses sociales.

"Nous avons besoin de la suspension des règles fiscales de l'UE et d'une politique industrielle européenne solide, soutenue par une facilité d'investissement financée par l'UE et assortie de conditionnalités sociales, ainsi que d'un instrument SURE 2.0 pour fournir une protection immédiate contre les pertes d'emploi. La CES plaide en faveur d'un programme de simplification favorable aux travailleurs et d'une vision de la compétitivité fondée sur des emplois de qualité, des compétences et des qualifications plutôt que sur la déréglementation".

Ludovic Voet, secrétaire confédéral de la CES, s'est fait l'écho de ces points, plaidant en outre pour "la création d'une facilité d'investissement solide, financée par l'UE et assortie de conditions sociales strictes. Une telle facilité devrait représenter 2 à 3 % du PIB de l'UE par an en investissements publics supplémentaires, garantissant que l'Europe reste compétitive sans compromettre les droits sociaux".

La CES cherchera à rencontrer la BCE pour qu'elle reflète davantage les intérêts des travailleurs dans ses décisions. La CES s'attend à ce que sa position soit reflétée dans les propositions de la Commission européenne sur la clause d'évasion nationale, dont la publication est prévue pour le 19 mars 2025.


Image de couverture copyright : Union européenne (accessible ici)